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"La plupart des gens ne peuvent supporter l'indétermination et préfèrent s'évader dans les certitudes prématurées..."

Dimanche 13 novembre 2005

 

Bonjour à tous!

D'abord, merci à tous ceux qui ont continué à visiter cette page même lorsque je ne n'y étais plus. Si cette page avait reçu trois ou quatre visiteurs depuis mon départ je ne crois pas que je l'aurais reprise...

Aujourd'hui je transcris ici un extrait d'une réplique envoyée aujourd'hui à un collègue universitaire qui affirme sur une liste de discussion qu'il est absurde de conjuguer  "rentabilité" et  "éthique" dans une même phrase... 

***

Permettez-moi d'intervenir: je ne crois vraiment pas que rentabilité et éthique
soient des concepts incompatibles. M. Laflamme affirme que l'entreprise privée:
"se doit de faire tout en son pouvoir pour maximiser ces dit profits, que ce
soit bien ou mal pour le reste de la société ou
l'environnement". Ceci était particulièrement vrai lorsque la société ne se
souciait que peu de questions éthiques elle-même. Dans une société en évolution
où les considérations éthiques, sociales et environnementales prennent de plus
en plus d'importance, cette affirmation est de plus en plus eronnée.

De façon tout-à-fait spontanée je peux y voir 3 raisons; 3 phénomènes qui font
que l'éthique est de plus en plus compatible avec la rentabilité. D'abord les
acteurs externes à l'entreprise (consommateurs, investisseurs) font de plus en
plus de pressions pour que ces premières se conforment à plusieurs règles
éthiques. Bien sûr ces forces sont en compétition avec les forces du marché; je
pense entres autres au dossier de l'île René-Levasseur où les syndicats et les
patrons s'opposent de concert à la protection d'une ressource naturelle unique.
Rien n'est jamais simple lorsqu'on parle d'éthique (puisque c'est une notion
qui pour plusieurs semble subjective) mais une tendance lourde s'observe; dans
notre société de communication, il est de plus en plus payant pour les
entreprises de prendre en considération les questions d'éthique.

Deuxièmement, sachez que les pdg de demain sont formés dans le même système
d'éducation que vous; ils sont davantage sensibilisés qu'ils l'étaient
auparavant. L'éthique est à l'ordre du jour de presque tous les cours
d'administration et pas seulement pour faire joli; certaines réflexions
rivalisent en pertinence avec celles qui nous sont offertes en lettre et
sciences humaines (et oui, il y a des intellectuels et des passionnés également
dans les facultés d'administration). Certaines des plus grandes critiques de
notre système économique actuel proviennent des facultés d'administration; je
pense à Mintzberg, à Aktouf, à Stiglitz (et à de nombreux professeurs de
l'Université de Sherbrooke et de l'Université Laval que j'ai eu la chance de
côtoyer).

Troisièmement, même dans une situation où la direction de l'entreprise n'a rien
à cirer de l'éthique et que le marché ou la société ne lui demande pas de s'y
conformer, de plus en plus d'employés et de consultants performants désirent
travailler dans des entreprises où l'éthique est de mise et où on considère les
questions sociales et environnementales. En administration, l'enjeu du futur
est le recrutement de ressources humaines performantes. Ces "ressources
humaines" proviennent de la même société que vous et ont les mêmes
préoccupations. Ceci a une grande influence également sur les entreprises; les
pressions pour faire correspondre éthique et rentabilité ne proviennent pas que
de l'extérieur (vous avez sûrement vu le documentaire "Corporation", dans
lequel le PDG de la multinationale Interface parle de l'influence interne qui
l'a en partie mené mais surtout l'a aidé à soutenir son virage vert).

Je ne crois donc pas qu'il soit loufoque de parler de rentabilité et d'éthique
dans la même phrase puisque de nombreuses pressions nous poussent de plus en
plus vers une économie de marché soucieuse de conjuguer ces deux concepts. Nous
ne pouvons pas nous permettre d'ignorer ces tendances lourdes même si nous
sommes insatisfaits de la vitesse à laquelle les mentalités s'implantent et les
changements se font (j'en suis également insatisfait)...
 

Par Tom - Publié dans : beautyofgrey
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Lundi 25 juillet 2005

Pendant que des experts viennent discuter à Québec de comment remplir un patûrage complet avec seulement 10 vaches différentes clonées à l'infini, même le journal les Affaires publiait aujourd'hui un article intéressant qui faisait la promotion du commerce équitable et éthique. 

 

Par Tom - Publié dans : beautyofgrey
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Dimanche 24 juillet 2005

Hier je suis allé au centre d'achat pour acheter des sandales dans l'espoir d'en trouver des équitables. Quelle naïveté.

J'y ai vraiment passé tout l'après-midi. Ce qui est chiant dans tout ça c'est qu'il y a deux ou trois ans, c'était déjà beaucoup plus facile de trouver des vêtements faits équitablement. Maintenant tout vient de Chine, de Thaïlande, de l'Inde ou du Bangladesh. Certains commerçants m'affirment que leurs produits sont équitables même si ils viennent de ces pays. Puisque aucune certification indépendante n'existe pour l'instant, je ne me sens pas habilité à leur faire confiance.

Alors, le verdict pour des sandales équitables? J'en ai trouvé seulement 2 paires dans tout le centre d'achat. L'une à 264,99$ et l'autre à 79,99$. C'est cher considérant que la majorité des sandales de marche coûtent entre 20 et 50$. Mais j'ai pris une grande respiration et j'ai payé le prix pour des sandales fabriquées équitablement en Autriche (au moins elles sont également de très bonne qualité).

Ce qui me révolte le plus là-dedans c'est que les gens sont de plus en plus informés et sensibilisés mais que ceci ne se réflète pas dans leurs habitudes de consommation. Plusieurs des commerçants à qui j'ai parlé savaient très bien de quoi je parlais quand je leur demandais un produit équitable; malheureusement ils doivent offrir le produit qui est en demande et les marques québécoises et canadiennes ne sont plus en demande car elles sont trop chères (R.I.P. Prospector). Bref. les commerçants, même si ils veulent offrir des produits équitables, ont les mains liées parce que le client n'en veut pas. C'est complètement ridicule. Je suis réellement dégoûté.

Personnellement je crois que l'on devrait faire avec les vêtements ce qu'on a déjà fait avec les cigarettes; accrocher sur chacun d'entre eux un carton avec une phrase choc qui fait réfléchir: "Cette compagnie a délocalisé tant de millers d'emploi l'année dernière du Québec en Thaïlande pour que vous puissiez faire vos petites économies". Ça serait peut-être efficace. Du moins les consommateurs ne pourraient plus magiquement "oublier" leurs convictions lorsqu'ils feraient un achat; ils seraient confrontés à la réalité au moment même où ils devraient faire leur choix.

 

Par Tom - Publié dans : beautyofgrey
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Mercredi 20 juillet 2005

L'AP nous apprenais, hier, ceci:

"Dubai - Le réseau terroriste Al-Qaida a donné aux nations européennes présentes en Irak un ultimatum d'un mois pour en retirer leurs troupes, sous peine de lancer en Europe de nouveaux attentats après ceux de Londres, indique un communiqué diffusé dans Internet. [...]

Passé ce délai, qui expire en principe le 15 août, "il n'y aura pas d'autres messages, mais des actes et des mots qui seront tracés au coeur de l'Europe", ajoute ce texte signé d'un des groupes du réseau Al-Qaida ayant revendiqué les attentats du 7 juillet à Londres et dont l'authenticité ne pouvait pas être établie dans l'immédiat.

"Ce sera une guerre sanglante, au service de Dieu. C'est un message que nous adressons aux Croisés qui sont toujours présents en Irak : le Danemark, les Pays-Bas, la Grande-Bretagne, l'Italie et les autres pays dont les soldats continuent de sillonner le territoire irakien", dit le communiqué.

"Ce sont nos derniers mots", car à l'expiration de l'ultimatum, "les moudjahidins, qui sont aux aguets, auront d'autres mots à dire dans vos capitales", avertissent les auteurs du texte à l'adresse des pays européens."

 

Je vous demande donc, chers amis, ce que vous feriez si vous étiez un chef d'État et que vous deviez décider de réagir ou non à ce type de menace. Nous savons tous maintenant que les terroristes n'hésitent pas à frapper et qu'ils sont efficaces: dernièrement les attentats qui ont frappé la Turquie, l'Espagne et l'Angleterre, pour ne nommer que les plus médiatisés d'entre eux, nous l'ont rappelé.

Que pensez-vous du nouveau gouvernement irakien et de la constitution qui s'en vient? Croyez-vous que les occidentaux devraient maintenir une présence en Irak, maintenant que la guerre est "terminée"? C'est tout un casse-tête, et la vie de centaines de milliers d'innocents est en jeu, ici comme ailleurs...

 

Par Tom - Publié dans : beautyofgrey
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Lundi 18 juillet 2005

Il semblerait que les Innus ont décidé de ne pas accepter le compromis imposé par la Cour d'appel récemment quant à la coupe de bois sur l'Île René-Levasseur. Ils ont décidé d'aller contester tout ceci à la Cour suprême: http://www.cyberpresse.ca/actualites/article/article_complet.php?path=/actualites/article/18/1,63,0,072005,1105094.php

 

À première vue je trouvais que le compromis n'était pas mauvais mais je suis également d'accord pour que les habitants du territoire aient leur mot à dire, à long terme, sur le type d'exploitation des ressources naturelles privilégié. Je crois que nombre de catastrophes écologiques sont dûes au fait qu'elles se passent loin de nous; les compagnies qui exploitent nos ressources naturelles le savent et ensuite nous devons tout nous faire raconter par le biais de documentaires chocs à "l'erreur boréale". Si seulement les journalistes sortaient de Montréal plus souvent...  

 

Ceci étant dit, le Nord du Québec et toujours occupé par les Premières Nations et je crois réellement qu'ils ont leur mot à dire. Dans de telles situations, à qui faire confiance? À des entreprises qui sont jugées sur leur performance financière à court terme ou à des habitants qui comptent élever leurs enfants sur le territoire?

Par Tom - Publié dans : beautyofgrey
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